Digital FCU : que nous disent les besoins en compétences sur les formations professionnelles de demain ?

Après avoir montré pourquoi l’analyse des besoins constitue le point de départ d’une offre de formation professionnelle pertinente, Digital FCU franchit une nouvelle étape : observer, documenter et partager les grandes tendances qui transforment les besoins en compétences.

Publiée en juillet 2026, la première note de conjoncture de Digital FCU s’appuie sur les travaux des observatoires de branches, des OPCO et sur différentes études prospectives. Elle vise à éclairer les choix de production de nouvelles micro-certifications et à renforcer le dialogue avec les entreprises, les branches professionnelles, les OPCO, les administrations et les collectivités.

Croiser les sources pour mieux lire les besoins

Les besoins en compétences ne se résument pas aux demandes exprimées directement par une entreprise ou un secteur. Pour en comprendre les évolutions, Digital FCU a choisi de croiser différentes sources : enquêtes auprès des employeurs, études prospectives, analyses métiers, cartographies de compétences, diagnostics territoriaux et travaux des observatoires et des OPCO.

Cette approche permet de dépasser les signaux ponctuels pour faire émerger des tendances de fond, transversales aux secteurs. Elle permet également de confronter les perceptions et les données, et ainsi de mieux distinguer les transformations structurelles des besoins plus conjoncturels.
La note de conjoncture fait ainsi apparaître plusieurs évolutions qui intéressent directement la formation professionnelle

Le numérique : un socle transversal pour les métiers

L’intelligence artificielle constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs de transformation des activités professionnelles. Elle concerne désormais des métiers aussi divers que le conseil, l’ingénierie, la banque, la communication, la création, l’audit, la relation client ou encore la production de contenus.

La cybersécurité, la donnée, les approches no-code, le jumeau numérique ou encore le numérique responsable complètent cette transformation. L’enjeu n’est pas seulement de former des spécialistes de ces technologies, mais aussi de permettre aux professionnels de les utiliser, les superviser, les sécuriser et les questionner dans leurs pratiques métiers.

La transition écologique concerne tous les métiers
Autre tendance forte : la transition écologique et énergétique ne transforme pas uniquement les métiers directement liés à l’environnement. Elle fait évoluer les pratiques dans des domaines aussi variés que les achats, la maintenance, le commerce, la communication, la conduite, l’exploitation ou la gestion de projet.

La note relève toutefois un écart entre l’importance accordée à la transition écologique dans les référentiels et les priorités affichées à court terme par les responsables RH. Pour les acteurs de la formation, cet écart constitue un signal à prendre en compte : anticiper les besoins de compétences suppose parfois de regarder au-delà des priorités immédiates des organisations.

De nouvelles compétences pour de nouvelles façons de travailler

Télétravail, organisations hybrides, outils collaboratifs et intelligence artificielle transforment également les collectifs de travail. Les compétences attendues ne relèvent plus seulement de la maîtrise d’outils : autonomie, coopération à distance, communication écrite, management individualisé, prévention de la surcharge cognitive et maintien du collectif deviennent eux aussi des objets de formation.

Dans le même temps, les tensions de recrutement peuvent aussi être analysées comme des tensions de compétences : évolution rapide des métiers, décalage entre profils disponibles et compétences attendues, ou encore difficultés à rendre certains métiers attractifs. Dans ce contexte, les formats courts et actualisables peuvent contribuer à actualiser les compétences, sécuriser les transitions et professionnaliser les pratiques, sans se substituer aux formations diplômantes.

L’humain et la réglementation au cœur des besoins

L’essor de l’intelligence artificielle remet également en lumière la valeur des compétences proprement humaines. Adaptabilité, communication, intelligence émotionnelle, coopération ou gestion des tensions sont identifiées dans plusieurs études comme des compétences recherchées, y compris dans les métiers techniques et industriels.

Enfin, l’évolution des exigences réglementaires constitue un moteur récurrent de nouveaux besoins : transparence salariale, prévention des risques liés aux fortes chaleurs, conformité des dispositifs médicaux, RGPD, AI Act ou encore reporting extra-financier. Ces évolutions génèrent des besoins concrets et datés, auxquels des formations courtes peuvent apporter des réponses ciblées, en associant approche juridique, méthodologique et esprit critique.

Observer les besoins sans céder à l’adéquationnisme

Ces tendances ne constituent pas pour autant une liste de formations à produire mécaniquement.
C’est un point essentiel de la démarche Digital FCU : partir des besoins documentés pour rester ancré dans le réel, sans aligner automatiquement l’offre de formation sur les demandes immédiates des employeurs. Une telle approche risquerait de privilégier des compétences très conjoncturelles au détriment des compétences fondamentales, transversales et transférables qui permettent aux professionnels d’évoluer dans la durée.
L’objectif est donc double : répondre aux besoins d’aujourd’hui tout en anticipant ceux de demain. C’est précisément là que l’expertise des établissements d’enseignement supérieur prend tout son sens : former des professionnels capables non seulement de s’adapter aux transformations, mais aussi de les comprendre et de les questionner.

De la note de conjoncture au portefeuille stratégique de formations

Cette première note marque ainsi une nouvelle étape dans la structuration de l’offre UniCamp. Elle doit contribuer à orienter les choix de production de nouvelles micro-certifications et à renforcer le dialogue avec les acteurs socio-économiques.

L’ambition est de passer progressivement d’une logique de catalogue à une logique de portefeuille stratégique de formations : une offre construite à partir de besoins documentés, enrichie par l’expertise scientifique et pédagogique des universités et pensée en complémentarité avec les autres initiatives du consortium.

Pour FUN et Digital FCU, la veille sur les besoins en compétences n’est pas une fin en soi mais un outil d’aide à la décision et un support de dialogue avec l’environnement socio-économique.

Parce que mieux comprendre les transformations du travail, c’est aussi mieux préparer les professionnels à y prendre part.

Rendez-vous dans une prochaine publication pour poursuivre cette exploration et découvrir comment ces tendances peuvent se traduire concrètement dans la construction de nouvelles formations professionnelles.

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